ARVAC
Association des Résidents
de la Vallée de Chamonix
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ASSEMBLEE GENERALE DE L'ASSOCIATION DES RESIDENTS

ASSEMBLEE GENERALE DE L'ASSOCIATION DES RESIDENTS

DE LA VALLEE DE CHAMONIX

 

Chamonix, Le Majestic 8 août 2007

 

Le Président Pierre-Emmanuel Taittinger ouvre la séance à 17 heures en remerciant les membres de l'Association d'être venus si nombreux. Il rappelle que la présente AG est la 40ème depuis la déclaration d'existence de l'Association à la Sous-Préfecture de Bonneville. Elle a depuis lors tenu un rôle actif pour que les résidents s'associent à l'action des pouvoirs publics, notamment la Ville de Chamonix, en faisant entendre "une voix unique et solidaire."

Il rend ensuite hommage aux Présidents qui l'ont précédé, Francis de Coninck, le fondateur, puis Jacques Lafond et, enfin, le regretté Jacques Blandin.

L'Association est donc jeune encore, mais elle a gardé l'esprit de ses origines et son action s'inscrit dans la longue durée.

PET passe ensuite rapidement aux formalités administratives et donne lecture du Rapport moral du Conseil.

Les priorités sont identiques année après année. Au cours de l'exercice écoulé, les administrateurs et membres bénévoles se sont concentrés sur les points suivants. Des remerciements appuyés vont à Tessa Lefort pour son action au quotidien, pour la représentation de l'Association qu'elle assure aux nombreuses manifestations artistiques, ainsi que pour l'organisation de plusieurs autres. Madelaine Portier a effectué l'énorme travail de création du fichier informatique des adhérents et du site de l'ARVAC. Jacques Desmazures et Nicolas Gorodiche ont apporté leur soutien constant. André Sibille, pour sa part, est chaudement remercié pour le travail de qualité qu'il a apporté à la tenue des comptes et à        la tâche ingrate de collecte des cotisations annuelles.

L'action de l'Association s'est exercée sur deux dossiers actuels très importants : le Plan de Prévention des Risques d'Avalanche (PPR A) et le Plan Local d'Urbanisme (PLU). Ces deux sujets seront abordés ultérieurement avec les orateurs invités et le Maire de Chamonix.

Chaque Président de l'ARVAC a œuvré pour des dossiers qui sont restés les mêmes. Leur préoccupation majeure, reflétant celle des membres, a été la préservation de l'environnement. A ce sujet, on doit constater qu'un certain nombre de mesures concrètes sont venues apporter des améliorations. Il en est ainsi de l'introduction du gaz de chauffage dans la quasi-totalité de la vallée, de l'interdiction des feux de jardinage. Mais la fréquentation croissante du tunnel du Mt Blanc par les poids lourds (2000 à 3000 PL/jour) reste une menace majeure qu'il faudra absolument éliminer à plus ou moins long terme.

Chamonix devrait être la capitale physique de l'environnement. Nulle part ailleurs au monde ne s'offre la possibilité de contempler des sommets de près de 5 000 mètres depuis une altitude de 1 000 m. (au Népal, il faut monter à plus de 5 000 m. pour apercevoir les sommets de 8 000 m.). Il appartient au "toit de l'Europe" de montrer l'exemple. Si les autorités locales sont bien convaincues du fait, les autorités nationales ne s'en sont jusqu'à maintenant nullement préoccupées. Pourquoi ne pas attirer à Chamonix des sièges d'organisations environnementales nationales ou internationales ? Certains pensent souhaitable de doubler le tunnel pour accélérer le passage des camions. On conçoit mal l'effet salutaire sur l'environnement d'une telle mesure !

L'Association a un rôle social. Elle trouvera plus de cohésion et, par conséquent plus de poids, si ses membres se connaissent, entretiennent des liens, développent entre eux une richesse humaine venue de leurs compétences et de leurs qualités. Beaucoup a été fait dans ce sens. Il faut continuer.

L'Association dialogue avec les pouvoirs publics. Pour développer encore un souffle nouveau pour notre vallée, pourquoi, comme la loi l'y autorise, ne pas inclure dans les prochaines municipalités des personnes étrangères, y compris d'autres nationalités (les Anglais jouent un rôle important…) ?

L'Association a une vie culturelle intense. Elle collabore étroitement avec d'autres Associations dans le but de mettre en valeur le patrimoine. Nous sommes particulièrement heureux de saluer ici nos Amis du Vieux Chamonix.

 

PET met aux voix le Rapport moral. Celui-ci est adopté à l'unanimité.

 

Rapport financier.

En 2006 : Recettes de cotisation : 7 920€                      Réserve banque + livret : 29 000  €

                Autres recettes            :    541    "

                Frais                            : 4 296    "

                Résultat                       : 4 165    "   

 

Budget 2007 : Recettes              : 8 000    "

                       Frais                    : 5 000    "

                       Résultat               : 3 000    "

 

Le Rapport financier est adopté à l'unanimité.

 

PET demande ensuite à l'Assemblée de donner quitus au Conseil d'Administration pour l'exercice 2006. Le quitus est accordé à l'unanimité.

 

Elections au Conseil d'Administration.

Nicolas Gorodiche rappelle que les Administrateurs sont élus pour un mandat de 6 ans.  Trois Administrateurs à fin de mandat se représentent. Il s'agit de :

Tessa Lefort : son mandat est renouvelé à l'unanimité sous les applaudissements.

Pierre-Emmanuel Taittinger :       "                    "                                   "

Jean-Claude Pontuer                       "                     "                             "

Deux Administrateurs ne sollicitent pas le renouvellement de leur mandat : Claude Marx       et  André Godfroy. Edith Pradère présente sa démission. Tous trois demeurent membres de l'ARVAC et sont chaleureusement remerciés pour leur action au sein du Conseil.

PET présente trois personnes qui sont candidates :

Madelaine Portier a déjà rendu de grands services à l'ARVAC en créant le fichier informatique des adhérents et en mettant en œuvre le site www.arvac.info.

Elle est élue à l'unanimité sous les applaudissements.

Roger Rosset a été Administrateur et Secrétaire de l'Association. Il se propose comme Trésorier en remplacement d'André Sibille qui souhaite prendre du repos après plus de dix ans d'exercice de la fonction.

Il est élu à l'unanimité sous les applaudissements.

André Chaveton, Master of Arts, a occupé d'importantes fonctions au Crédit Mutuel. Sa famille est résidente depuis trois générations.

Il est élu à l'unanimité moins une abstention, sous les applaudissements.

 

Questions et interventions

Nicolas Gorodiche vante les mérites du site internet réalisé par Madelaine Portier. Il rappelle que les jeunes ne vivent qu'avec internet et que ce moyen de communication est bien plus rapide, efficace et moins coûteux que la voie postale traditionnelle. Il autorise les mises à jour mensuelles, impossibles par courrier, et renforce le dialogue entre les générations.

 

Tessa Lefort indique que l'Association compte parmi ses membres 4 auteurs d'ouvrages récents. Elle a pensé les encourager en les invitant à notre Assemblée. D'autres se sont révélés et elle est aujourd'hui en mesure de nous offrir un "petit salon" du livre qui se tiendra à l'issue de l'Assemblée Générale. Elle en présente les 9 auteurs ainsi que leurs ouvrages qu'il sera possible de se procurer et de faire dédicacer. Ces auteurs seront donc tous présents et Tessa les remercie vivement de renforcer ainsi la qualité et l'intérêt de la présente réunion.

 

PET rappelle les liens étroits entre l'ARVAC et 4 Associations amies qui bénéficient du soutien moral et financier de l'ARVAC :

-          L'Association pour le Respect du Site du Mt Blanc (ARSMB), dont le Président est Jean- Pierre Coméliau, auquel PET donne la parole pour quelques minutes. JPC insiste fortement sur le fait que les résidents ont investi dans la Vallée par choix. Or, aujourd'hui, notre Vallée est à nouveau en danger. On s'est focalisé sur le problème des transports routiers pendant les quelques années qui ont suivi la catastrophe du tunnel, mais, depuis, rien n'a été véritablement fait et l'on est revenu à la case départ.  L'ARSMB regroupe         2 500 adhérents. Seul le nombre pourra parvenir à faire changer les choses. JPC espère l'appui de Nicolas Hulot et compte sur l'action du nouveau Président de la République. Il remercie l'ARVAC de son indispensable soutien moral et financier. 

-          URBASITE, animée par Isabelle Madesclaire, agit pour un urbanisme équilibré dans la Vallée.

-          L'Association des Propriétaires de Maisons exposées à un Risque Majeur Naturel.

-          L'Association d'Information sur les Risques d'Avalanches et leur Prévention (AIRAP) : Jean-Claude Bourdais, l'un de ses Vice-Présidents, et Richard Lambert, docteur en géographie alpine, expert agréé par la Cour de Cassation, spécialiste reconnu des avalanches et Président du Comité d'Experts de l'AIRAP ont maintenant la parole.

 

JCB aborde les questions posées par le Plan de Prévention des Risques (PPR A) en ce moment soumis à l'enquête publique. Après une période de constitution très longue (prescription en 2001) et difficile, le PPR Avalanches a reçu pour objectif l'élaboration d'une cartographie des secteurs d'avalanches de la Vallée actualisée afin de définir notamment les secteurs inconstructibles ou constructibles avec réserves, mais aussi à travers la nouvelle notion de "zone jaune" : il s'agit de la zone des Aléas Maxima Vraisemblables (AMV) ou zone des secteurs constructibles ou construits qu'il serait nécessaire d'évacuer afin d'assurer la sécurité des personnes sans incidence sur la constructibilité.

 

L'élaboration de cette cartographie doit permettre de préciser le Plan Local d'Urbanisme (PLU) et, à travers les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) à établir par la Mairie, de prévoir les modalités d'évacuation, itinéraires et, éventuellement, hébergement en voisinage immédiat comme au Tour et à Montroc où les routes sortant des villages peuvent être bloquées.

 

L'information et l'appel aux commentaires des populations se fait par l'enquête publique, en ce moment en cours (cf. ci-après).

 

Alors, comment le PPR A a-t-il été géré ?  

Le zonage est défectueux. Son établissement devrait être le résultat d'un "double regard, historique d'une part, et forestier d'autre part." Les cartes au 25 000ème du CEMAGREPH qui préparent souvent celles du RTM sont difficilement lisibles; les cartes d'aléas au 10 000ème du PPR Avalanches sont à une échelle convenable. La cartographie "oublie" des accidents majeurs (ex. l'avalanche du Tour qui a fait 5 morts ; l'avalanche d'Argentière qui a fait un "angle droit" !). Ces erreurs ont été rectifiées sur intervention de Richard Lambert et de l'AIRAP, il y a quelques mois.

 

Il faudrait faire une enquête systématique auprès des occupants des chalets, habitants permanents comme résidents. Il y aurait aussi lieu de prévoir une intervention plus efficace sur la gestion des épisodes neigeux.

L'AIRAP n'a eu accès, en dépit de demandes répétées depuis 2 ans, aux documents préparatoires du PPR A établis par le RTM qu'à partir de février 2007. Elle avait pourtant  fait des offres de service à la Mairie qui les a refusées pour des raisons budgétaires, ainsi qu'à la Préfecture.

 

Devant l'importance du sujet, elle a donc décidé d'entreprendre une étude du PPR sur financement propre, étude qui s'est déroulée entre novembre 2006 et le 24 août 2007.

 

Richard Lambert prend la parole pour présenter une synthèse sommaire des résultats de l'étude :

1°/ Constatation de l'inégalité flagrante de traitement selon les secteurs : certains sont excessivement protégés. On a manifestement voulu "ouvrir le parapluie". D'autres sont, en revanche, insuffisamment traités, voire complètement négligés, alors qu'il y a risque certain : ex. à Taconnaz, on a "oublié," que le 20/03/1988, une avalanche a laissé de la neige et de la glace sur 12 à 14m de hauteur ; aux Moëntieux, c'est le constat inverse : le PPR fait état de 2 coulées de neige (zone rouge) par 2 couloirs différents, alors qu'une visite des lieux permet de constater qu'il n'y a qu'un seul talweg et, par conséquent, une seule coulée possible en l'état.

La prise en compte du relief ne correspond pas à la réalité du terrain et son évaluation est empreinte d'une profonde injustice. Enfin, la cartographie ne reflète pas la réalité. Il est bien rare qu'une avalanche "s'arrête net". Il y a toujours une zone de transition entre l'avalanche "qui casse les maisons" et la zone blanche,  mais la zone bleue n'apparaît plus dans certains cas. Toutes ces raisons retirent au PPR, tel qu'il se présente actuellement, toute autorité.

 

2°/ La notion "d'Aléa Maximum Vraisemblable" (AMV) correspond à la "zone jaune" qui va probablement être supprimée. Mais, c'est ne pas tenir compte de menaces redoutables. Ex : RL se montre très inquiet au sujet de l'école des Pèlerins. En effet, le 1er avril 1938, un aérosol (avalanche de poudreuse) a renversé une "solide montagnarde" à un point situé près de ladite école. Qu'arriverait-il si un puissant aérosol dévalait sur l'école à 200 kmh ?

 

3°/ Une directive nationale établit que s'il n'y pas d'enjeu (vulnérabilité connue), on n'augmente pas les enjeux. Il s'agit là d'une mesure qui paraît faussement rassurante, mais qui se révèle en réalité très injuste, car elle a pour effet de "gommer le risque réel".

 

4°/  Au final, sur les 80 couloirs qu'a pu analyser l'AIRAP à travers son Comité d'experts parmi les 117 existants, 40 s'avèrent à rectifier, ce qui est considérable. Il n'apparaît donc pas pensable que le PPR A puisse être signé en l'état par le Préfet. Les risques encourus par tous, responsables du PPR A et résidents, seraient trop importants.

 

 

PET remercie Jean-Claude Bourdais et Richard Lambert et dénonce le "clientélisme" qui ne peut pas ne pas avoir été une préoccupation des rédacteurs de ce PPR. Il constate, de plus, que la question de l'équipement des couloirs d'avalanche, à l'instar de ce qui a été fait en Suisse et en Autriche, n'a nullement été abordée. Oui, vraiment, la France est en retard sur ce point comme sur celui du ferroutage.

RL rejoint PET en indiquant qu'une étude de faisabilité a été faite pour la protection du couloir du Brévent : il serait facile et peu coûteux d'investir dans une digue de contention, pratiquement invisible de la vallée une fois engazonnée.

 

JCB rappelle que les dates de l'enquête publique menée en ce moment par Madame le Préfet Hélène Blanc étaient primitivement fixées du 25 juin au 10 août, soit une période où les résidents ne sont pas encore à Chamonix, ou bien n'ont pas encore eu le temps d'étudier le Plan qui leur est soumis. L'AIRAP a obtenu du Commissaire enquêteur que la clôture de l'enquête soir repoussée du 10 au 24 août, de même qu'elle avait obtenu de la Mairie que les résidents secondaires soient informés par courrier de cette enquête publique, ce qui n'avait pas été fait.

 

Q.     Qu'est-ce que la Zone Jaune ?

RL. C'est celle qui correspond à l'Aléa Maximum Vraisemblable (AMV). Cette zone va disparaître des cartes réglementaires. Mais JCB rappelle que cette présence des AMV (zones jaunes) dans les cartes réglementaires rendrait obligatoire aux notaires pour leurs actes et     aux  agents immobiliers pour leurs contrats de location de mentionner le risque AMV pour tout bien immobilier concerné, informant ainsi les occupants de ce risque potentiel.

 

Q.         Prend-on en compte le réchauffement climatique ?

RL. Le changement de climat peut entraîner une augmentation de la végétation et les couloirs se repeuplent. Mais le risque demeure en raison du phénomène suivant : si 2 hivers très enneigés se succèdent à bref intervalle (quelques années), le 1er hiver peut détruire ou affaiblir la végétation et lors du deuxième hiver enneigé, l'avalanche va trouver les conditions d'un couloir parfaitement nettoyé.

Souvenons-nous que la catastrophe de Montroc est survenue en 1999, à la fin de la décennie la plus chaude du XXème siècle !

 

Q.         Le PPR prend-il en compte les glissements de terrain ?

RL. Le PPR est un plan multirisque.     

 

Q.         Les avalanches frappent-elles les faces Nord plutôt que les faces Sud, ou inversement ?

RL. D'importantes avalanches se sont produites sur des faces Sud comme sur des faces Nord.

 

PET présente au nom de l'Assemblée tous ses remerciements aux deux orateurs qui sont chaleureusement applaudis.

 

Il souhaite la bienvenue à Michel Charlet, Maire, à Eric Fournier, Maire Adjoint et Conseiller Général et à Madame Giacomotti, Présidente de l'Association ARVA. Il rappelle les très nombreux et excellents contacts entre notre Association et la puissance publique, dans l'esprit de ce que souhaitait Francis de Coninck, notre fondateur. MC va terminer au début de 2008 son 4ème mandat, qui sera le dernier, puisqu'il a annoncé son désir de ne pas se représenter. PET lui dit toute la reconnaissance des résidents pour toutes les réalisations accomplies par lui et son équipe (installation du gaz, actions sur l'environnement, aménagements et embellissements de toutes natures) et formule le vœu que le prochain Maire poursuive ce qui a été si bien entrepris. MC remercie pour tant d'éloges et se dit heureux de rencontrer encore une fois (la 22ème !) les résidents de la vallée. Il les félicite  de leur intérêt pour la  vie locale en précisant qu'ils viennent en plus grand nombre que les habitants permanents s'informer à la maison des projets.

 

MC entreprend alors de répondre aux principales questions qui préoccupent les membres de l'ARVAC.

-          PPR : Un point de divergence existe à son sujet. Certains le trouvent trop laxiste, d'autres, au contraire trop restrictif. En fait, la philosophie qui a présidé à son établissement a changé. On se basait autrefois sur l'historique. C'est aujourd'hui l'évaluation du risque, tel qu'il apparaît, qui est prise en compte. La zone jaune couvrait une bonne partie de Chamonix : elle concernait 5 à 6 000 habitants. Elle a cédé la place à la zone AMV (zone jaune, c'est à dire zone de risque tri-centenaire). On a ensuite créé une zone rouge, non constructible, ainsi qu'une zone "bleu dur". Les constructions qui se trouvent dans cette dernière zone ne sont soumises à aucune contrainte particulière, sauf une interdiction de construire sur les terrains non bâtis se trouvant entre les maisons existantes. Cela porte préjudice à un certain nombre de familles qui conservaient ces terrains en vue d'y bâtir pour leurs enfants, par exemple. Mais, il s'agit d'une mesure de non augmentation du risque.

MC conteste la "zone jaune", car elle lui fait supporter le devoir d'avoir à évacuer en cas de risque de 5 à 6 000 hab. (50 à 60 000 en pleine saison)  , sans lui donner les moyens de le faire : c'est impossible ! C'est là se donner bonne conscience par rejet de la responsabilité sans donner les moyens d'y faire face. Il rappelle qu'en France, c'est l'Etat qui détermine le risque et que c'est le Maire qui gère le risque sur sa commune, et il constate que l'Etat français a été plus laxiste que la Suisse. Quoi qu'il en soit, nul ne peut connaître la vérité en la matière.

Le PPR a fait l'objet d'une observation négative globale de la part de la Ville. Il appartient      à chaque particulier concerné de faire ses propres observations.

PET remarque qu'il est possible de construire des digues de contention écologiques et que, selon lui, rien n'a été fait dans ce domaine.

MC rappelle les gros travaux de terrassement faits sur des digues au Lavancher, aux Nants, aux Bossons et aux Gaillands : 4 millions d'Euros sont budgétés pour les années à venir et la digue du Brévent se fera sûrement un jour.

Programme municipal : réalisation

A la fin du mandat de 7 ans, le programme sera accompli à environ 80%.

-          Piscine : d'importants retards dans les travaux sont dus à des difficultés avec les entrepreneurs.

-          Centre Ville : le restructuration est presque finie ; l'aménagement de la Place des Alpes est en voie d'achèvement. Dans 3 ans, des jardins viendront remplacer l'actuelle caserne des pompiers qui sera reconstruite entre l'hôpital et la Route Blanche.

-          Entrée Nord : la Maison des Sports est presque finie ; le financement du rond-point des Mouilles est résolu.

-          Entrée Sud : le parking du Grépon pour 1 200 à 1 500 véhicules légers est presque fini ; le tremplin de saut à ski est conservé ; un parking pour 39 places d'autocars est prévu.

-          Téléphérique de l'Aiguille du Midi : une résidence de tourisme va être construite, ainsi qu'un hôtel 3 étoiles de 80 à 100 chambres pour compenser les pertes hôtelières des dernières années et un programme de 40 logements.

-          Les Pèlerins : la cuisine centrale est opérationnelle. Dès la rentrée, elle va desservir les écoles, centres aérés, demandes de repas à domicile.

-          Téléphérique du Glacier : le rdc de la gare de l'ancien téléphérique est transformé en maison de quartier et un terrain de foot en synthétique est utilisable à la rentrée.

-          Les Bossons : la 4ème tranche des travaux (aménagement de trottoirs et d'un rond-point) est terminée. Quant au télésiège, le propriétaire actuel ne veut plus en poursuivre  l'activité. L'exploitation hivernale nécessite un investissement de 8 millions d'Euros, que la commune se refuse à engager en raison des incertitudes sur l'enneigement à une si faible altitude, alors que l'enneigement en altitude est assuré. La commune examine la possibilité d'une exploitation estivale, mais aucune solution satisfaisante n'est, pour l'instant, apparue.

-          Argentière : avec la décentralisation, la route nationale est devenue départementale ; le Conseil Général s'occupe de la sécurisation de la route Argentière-Montroc, ainsi que de l'étude du tunnel et du paravalanche. Le rond-point des Chosalets sera refait pour réguler le trafic entre les Chosalets, le téléphérique des Grands Montets et Argentière. A               la Pendant, les travaux vont s'étaler sur 2 ans : signalétique, éclairage, peinture, reprise de l'accès à la Joux.

L'arrivée du gaz est maintenant effective.

L'ancien presbytère devient la Maison de la Montagne.

La commune reprend le téléski des Chosalets, fait l'investissement nécessaire à sa réhabilitation et en confiera la gestion à un exploitant privé.

-          Logement principal : MC juge "désastreux" le dépeuplement de Chamonix qui ne compte plus guère que 9 000 hab. (2 classes seront fermées à la rentrée), en raison du coût trop élevé du logement dans la vallée. Environ 35% des personnes travaillant à Chamonix habitent à l'extérieur. La politique de la ville vise donc à limiter cet exode par la construction de logements abordables. Plusieurs programmes sont en cours de réalisation ou à venir. Et l'achat du Centre Jean Franco va intervenir dans un mois, après de longues négociations. Il va être aménagé en logements.

-          Le TUNNEL : l'importance apparente des travaux en cours sur la Route Blanche provient du fait que la commune a prêté des terrains pour que les entreprises puissent y déposer leurs matériaux. Ces terrains seront restitués à la Ville une fois les travaux terminés et en "prix" de la location, l'Etat construira à ses frais une petite route qui desservira les hameaux du secteur. La Route Blanche sera enterrée sur plusieurs centaines de mètres   pour permettre la mise en sécurité du passage entre les Bossons du haut et les Bossons du bas. Sous la partie non enterrée, sont prévus plusieurs passages piétons. Enfin, MC rappelle que la mise de la route à 2 fois 2 voies a été demandée par les riverains, en raison des très nombreuses nuisances qu'elle générait : nombreux accidents (plusieurs mortels), bruit, gaz d'échappement. De tous ces inconvénients, le plus grave, celui du risque, devrait se trouver éliminé ainsi que, partiellement, les nuisances sonores.

Q.      Qu'en est-il du doublement du tunnel ?

MC. Je n'y crois pas : le tunnel est aujourd'hui aux normes de sécurité requises, même si celles-ci ne sont probablement pas totalement adéquates.

Q. de M. François Essig qui se montre plus inquiet que MC : les Italiens ont construit une magnifique autoroute souterraine ; le côté français va bientôt être équipé à 4 voies ; tout ceci prépare le 2ème tunnel. Pourquoi, dès lors, ne pas étudier la faisabilité d'une navette automatisée de ferroutage reliant le Fayet à Courmayeur ? Il est bien à craindre que si le projet ferroviaire Lyon-Turin prend du retard, on ne revienne à la solution du doublement du Mt Blanc. Le Fayet-Courmayeur présenterait l'avantage de pouvoir se construire rapidement et à moindre coût dans des roches parfaitement connues.

MC. le tunnel est loin d'être saturé : son trafic est en ce moment de 2 000  PL/jour, avec des pointes à 3 000 en milieu de semaine. Il a connu un trafic de 7 000 PL/jour lorsque le Fréjus était fermé. Les autorités régionales italiennes et françaises ont voulu entreprendre une étude sur le projet proposé. Il leur a été donné ordre par leurs ministres de tutelle respectifs d'arrêter immédiatement, de crainte que leur démarche ne vienne "couler" le projet Lyon-Turin.

Pour Eric Fournier, plusieurs ministères sont concernés par le Lyon-Turin, mais les gouvernements français et italien entendent en poursuivre l'étude, ainsi que la recherche     des financements considérables nécessaires. Mais il ne faut surtout pas reproduire l'erreur qui a été commise en Maurienne, où la situation est devenue "catastrophique", puisqu'à l'énorme trafic routier s'ajoute le trafic ferroviaire. PET propose de faire partir la navette, non pas du Fayet où il n'y pas de place et où le chargement provoquerait des nuisances, mais de beaucoup plus loin, par ex. des plaines de l'Ain.

MC conclut en affirmant qu'il continuera sa croisade contre le transport routier.

-          PDU : Plan de Développement Urbain. Toutes les villes importantes doivent se doter d'un  tel plan. Il a été jugé bon d'en faire étudier un pour Chamonix, bien que ce ne soit pas une obligation. Il s'agit surtout de réduire le transport automobile individuel en développant le tram-train. Eric Fournier résume : l'étude a démontré que si le tunnel connaît un trafic moyen  de  2 000 PL/jour, la vallée de Chamonix enregistre une moyenne de 80 000 déplacements individuels par jour, tous groupes de population locale confondus (permanents + résidents). Aujourd'hui, les transports collectifs représentent de 3% à 15% du total, selon les secteurs de la vallée et les saisons. Le but est d'augmenter ces pourcentages de 5% dans un premier temps et d'aller plus loin ensuite. L'axe train est         déjà passé de 100 000 déplacements/an, il y a 6 ans, à 300 000 aujourd'hui. Du nouveau matériel mieux adapté a été acquis et il est envisagé de multiplier les navettes à 20' d'abord et à 15' dans un scénario idéal. En contrepartie, des mesures coercitives contre le stationnement seront prises. Le Plan va prochainement être présenté au Conseil Municipal, puis lors de réunions publiques, et enfin soumis à enquête publique.

-          MC : l'essai de "mulet des villages" marche tellement bien qu'il fonctionne maintenant en inter-saison. Un service de transport collectif à la demande (TAD) se met en place. Il est accessible après paiement d'un abonnement annuel de 10 Euros.

-          Q. Qui paye les transports collectifs ?

-          MC : les transports collectifs sont gratuits. Le coût pour la commune est de 3 millions d'Euros par an.

-          Etude Patrimoniale de la Vallée de Chamonix : nous possédons un superbe patrimoine, mais il est soumis à de très fortes pressions. Des réussites en matière de construction ou de réhabilitation sont incontestables, mais il y a aussi eu des échecs. Les outils de gestion qualitatifs de la commune étaient insuffisants. Il a donc été fait appel à l'expertise d'un cabinet extérieur. Il s'agit, avec l'intervention de plusieurs administrations, dont la Direction des Affaires Culturelles (DRAC), de mettre à l'inventaire des bâtiments, des zones particulières. Tout cela va être très long, coûteux et difficile, et va se faire en pleine concertation avec les habitants.

-          Le PLU (Plan Local d'Urbanisme)   : la révision a été mise à l'étude en juin dernier. On est donc, en ce moment, en phase de consultation. Il devrait être mis à l'enquête publique en été 2008.

-          Q. Où en est-on du curage du lac des Gaillands ?

-          MC. Il ne se fera pas, car trop coûteux. La solution passe par l'achat en cours du petit lac à proximité et la recherche de sources, de manière à provoquer une action de drainage naturel. Des enlèvements de branchages et herbes seront faits.

-          Q. L'état de la toiture de l'église déshonore Chamonix !

-          MC. Que voici une bonne question ! MC est mécontent car, comme chacun le sait, l'église est classée monument historique et, de ce fait, doit être recouverte d'un toit en ardoise ; c'est là une dépense de 650 000 Euros. Vu le montant de l'investissement, la recherche du financement va prendre du temps. Alors, bravant les "monuments historiques", il a         fait appel à une entreprise pour repeindre le toit en attendant de trouver ce financement. Mais l'entreprise à laquelle le marché a été attribué et qui devait livrer le travail fini pour le 1er juillet dernier a fait faux bond. Mais, une autre entreprise va être sollicitée et le toit sera repeint dans un avenir proche.

-          Q. de Jean-Paul Mamert : le toit du PGHM est, lui aussi, une "honte" pour Chamonix !

-          MC. Là aussi, la solution passe par la peinture. Le coût serait de 50 000 Euros. MC insiste auprès de l'autorité responsable pour que cela soit fait dans les meilleurs délais.

-          Q. de Roger Rosset : Qu'en est-il de la desserte de Planpraz ?

-          MC. Le renouvellement de la télécabine a pris du retard pour des raisons administratives. Le nouveau matériel va doubler le débit, ce qui ne veut pas dire qu'il y aura plus de clients, mais que les temps d'attente vont être sérieusement réduits. Quant à l'accès à la gare, le cabinet Transitec a fait une étude de possibilité d'installation d'un mini-télésiège depuis le Savoy jusqu'à la nouvelle gare du Brévent. Le nombre des navettes depuis le centre ville sera augmenté, accompagné de mesures de police concernant le stationnement.

-          PET. Rappelle que les résidents ont désormais les mêmes facilités tarifaires que les permanents pour les forfaits longue durée, à condition d'en faire la demande dans des délais assez longs.

-          Q. Que peut-on faire contre la vitesse excessive des VTT sur les sentiers ?

-          MC. C'est là un gros problème. On s'oriente vers le projet de leur réserver certains itinéraires et de leur interdire les autres. Contrairement à d'autres stations, Chamonix ne fait aucune publicité sur ce sujet : on n'en parle pas à l'Office du Tourisme !

-          PET. Indique qu'il a reçu un certain nombre de questions écrites et qu'il les transmettra au Maire par un prochain courrier.

 

Au moment de clôturer les débats de l'AG, le Président salue M. Eric Lasserre. Il émet le vœu que les relations étroites entre l'ARVAC et la Ville de Chamonix se poursuivent dans     l'avenir. Il remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué au succès de la réunion et félicite les membres de l'ARVAC d'y avoir participé en si grand nombre (253 membres présents et 63 représentés).

Il lève alors la séance à 19 heures et convie tous les participants au petit salon du livre qui se tient immédiatement et au dîner qui suivra à 20 heures.

 

 

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