ARVAC
Compte-rendu de l'Assemblée générale du 5 août 2014 à 17h. au Majestic

Après avoir présenté les autres membres du bureau ( François LEBLOND et Nicolas GORODICHE, vice-présidents, Jean-Claude PONTUER secrétaire et trésorier par intérim, Madelaine PORTIER secrétaire adjointe), le président Jacques DESMAZURES passe au premier point de l'ordre du jour.

RAPPORT MORAL présenté par Jacques DESMAZURES :

En préambule, le président rappelle les résultats des récentes élections municipales dans la vallée (à Chamonix, réélection d'Eric Fournier, avec une liste modifiée et rajeunie ; à Vallorcine, élection de Jérémy Vallas, ; aux Houches , Xavier Roseren remplace M. Dole ; à Servoz, élection de Nicolas Evrard) et souhaite que les relations de l'ARVAC avec ces nouveaux élus se poursuivent dans le même climat de convivialité et de coopération que les années précédentes.

Pour l'ARVAC l'année en cours est marquée par la démission de son trésorier Roger Rosset (pour des raisons exposées sur le site informatique) ; c'est une perte importante pour l'association car Roger Rosset a effectué un énorme travail tant pour la trésorerie proprement dite que pour beaucoup d'autres dossiers (fichiers, dossier de l'adhérent, statuts, campagne d'adhésions, ...). Le poste de trésorier est momentanément assuré par J.C. Pontuer en attendant la disponibilité de Roland de Luze en septembre. Qu'ils soient tous remerciés pour leur implication au service de l'association.

En 2013 un point important a été la naissance de la Fédération pour le Protection de l'Environnement des Stations de Montagne de Haute-Savoie (FESM74) créée pour donner à ses membres (dont l'ARVAC, fondatrice) la possibilité d'aller éventuellement en justice défendre l'environnement quand un projet le menace ; en effet, comme toutes les autres associations semblables à la nôtre ,le renouvellement de notre propre agrément « défense de l'environnement » échu en décembre 2013 a été refusé par la Préfecture, au motif que notre zone d'action étant trop limitée n'était plus conforme aux nouveaux critères présidant au droit à cet agrément. La FESM74 regroupe actuellement 9 associations de stations de montagne et, bénéficiant de l'agrément adéquat, peut ester si besoin. La présidence en est assurée par François LEBLOND, un de nos deux vice-présidents.

Un important dossier que nous portions a bien abouti, avec l'aide de la commune : la sécurité des piétons sur la route nationale en zones construites hors villages peut désormais être assurée grâce à des équipements mis en place par la commune, ce qui était jusqu'à présent interdit. Les Praz puis les Tines, les Grassonnets et Vallorcine vont ainsi être progressivement sécurisés.

Nous sommes heureux de pouvoir cette année proposer de nouveau une sortie culturelle, grâce à l'implication de Christian Corvaisier : le 21 août prochain une visite de Ferney-Voltaire puis de Fort-L'Ecluse vous est proposée. Un grand merci à Christian Corvaisier d'avoir ainsi repris le flambeau porté pendant de longues années par Tessa Lefort à qui l'association doit tant de superbes sorties organisées de main de maître.

Par ailleurs, l'ARVAC se réjouit de voir avancer dans le sens souhaité la mise en place progressive du tram-train, la création du parc de la Tournette et de la Maison des Artistes ; et l'association reste vigilante sur le devenir de l'hôtel Couttet, toujours imprécis ... Sur le plan santé, si l'association se félicite du fonctionnement de la Maison Médicale, elle maintient la pression pour arriver à voir les urgences mieux assurées que pendant les seules vacances scolaires. L'association se réjouit de l'attribution du refuge Vallot au CREA et est heureuse de voir que ses réclamations contre la publicité en pleine montagne et contre le camping sauvage sont petit à petit suivies d'effet. Par ailleurs nous nous interrogeons sur la possibilité d'obtenir la suppression des horribles murs de clôture qui défigurent la route des Praz en total irrespect des normes édictées dans le PLU.

Enfin, nous avons mis à jour la liste des avantages et tarifs réduits négociés pour nos adhérents avec la municipalité et un « flyer » va être disponible à la mairie pour votre information.

Quant à la « santé générale de l'association, nous avons le plaisir de voir d'une part à nouveau croître – modestement - notre nombre d'adhérents et d'autre part des bénévoles se porter volontaires pour aider à des tâches de fonctionnement de l'association (site internet, notamment) ; merci à eux et merci d'avance à ceux qui suivront leur exemple.

RAPPORT FINANCIER préparé par Roger ROSSET et présenté par Jean-Claude PONTUER :

ADHERENTS : Au 31/12/2013 leur nombre ressort à 680 personnes se décomposant en 272 couples et 136 individuels. Par rapport à 2012, on relève une augmentation de 3 personnes résultant de 21 adhésions nouvelles en regard de 18 démissions. Il est à noter que lors de l'appel de cotisation de 2014, 45 personnes étaient passibles d'un « carton rouge » (deux années consécutives sans versement de cotisations) conduisant à une éventuelle radiation en 2014.

COTISATIONS : Au 31/12/2013, les cotisations versées par les adhérents se sont élevées à 6240 € contre 6425 € en 2012. Les retards de versements sont à l'origine de ce constat.

CHARGES : Elles s'élèvent pour l'année 2013 à 6372 € contre 6403 € en 2012, à savoir :

Fournitures de bureau 229 Réception 712

Prestations extérieures 244 Prime d'assurance 188

Informatique 82 Cotisations et dons 2750

Abonnement 358 Affranchissements 1083

Photocopies 682 frais bancaires 44

PRODUITS : Ils se sont élevés à 6493 € à savoir 6240 € pour les cotisations et 253 € pour les intérêts des placements.

COMPTE D'EXPLOITATION : il fait ainsi ressortir un excédent de 121 €

COMPTES FINANCIERS : Soldes au 31/12 /2013 : en compte courant : 957,43 € en compte épargne : 15945,19 € ; en caisse espèces : 100 € . Soit au total 17002,62 €

RESOLUTIONS Les rapports moral et financier sont approuvés à l'unanimité

RATIFICATION D'UN NOUVEL ADMINISTRATEUR Suite à la démission de Roger Rosset de son poste d'administrateur et de trésorier, le Conseil d'Administration a coopté Roland de LUZE comme administrateur. Le Conseil d'Administration sollicite de l'Assemblée Générale la ratification de cette cooptation.

Après une courte présentation de Roland de LUZE, résident au Tour, membre de longue date de notre association, sa cooptation est ratifiée à l'unanimité.

Les points de l'ordre du jour étant épuisés, la séance de l'assemblée générale statutaire est levée à 18h.

L'assemblée se pour suit avec les communications des différents intervenants invités.

PRESENTATION DU CREA (Centre de Recherche des Ecosystèmes en Altitude) par Anne de Lestrade, Directrice

Le centre est installé dans l'ancien refuge Vallot, sur la route des Nants, propriété de l'Etat et en cours de reprise par la commune de Chamonix. Ce centre de recherche, indépendant, travaille sur l'écologie alpine et l'impact du changement climatique sur l'écosystème d'altitude, à Chamonix et dans les Alpes en général. De statut associatif et privé, le centre à la fois fait de la recherche et est en relation avec le public, ce qui le met dans une position originale à l'intersection des différents mondes concernés par la nature en altitude : chercheurs, décideurs, grand public. Le centre collecte des données, organise des événements, des formations pour les ingénieurs en environnement.

A titre d'illustration, deux programmes sont montrés :

- Phénoclim (impact du changement climatique sur la végétation en montagne) réalisé avec la participation volontaire d'habitants et comportant aussi de nombreuses stations automatiques de relevés de températures, fête ses dix ans d'existence en octobre prochain ici même au Majestic (événement ouvert à tous)
- Atlas du Mont-Blanc, qui se propose de réaliser un suivi du massif vis-à-vis du changement climatique, en liaison avec des instituts étrangers. Les résultats sont visualisables sur le site du CREA avec une modélisation jusqu'en 2100 ; la régression de certaines espèces et leur remontée en altitude est ainsi prévisible.

Rendez-vous sur le site du centre : www.creamontblanc.org

PRESENTATION par François ESSIG de son livre « Ma France de 2025 - Journal d'Espoir » (Ed. France-Empire)

Ce livre propose une vue de la France en 2025, pleine d'espoir, mais à condition de procéder à un certain nombre de réformes. Au sujet du tourisme, l'auteur décrit sa vision de la vallée de Chamonix en 2025 : sans camions (ils sont tous sur une navette ferroviaire), les autres véhicules sont électriques ou hybrides, les véhicules carbonnés étant interdits ; toujours un point fort d'attraction du tourisme international, maintenant une forte pression immobilière. Cet exercice de prospective est très roboratif.

INTERVENTION D'ERIC FOURNIER, Maire de Chamonix , Président de la Communauté de Communes

Cette intervention s'articule en un exposé général suivi de deux exposés particuliers sur la délégation de service public pour l'équipement du domaine skiable, et le Plan de Prévention des Risques d'Avalanches (PPRA).

M. Fournier remercie l'association et ses dirigeants pour l'occasion donnée de venir faire le point sur les questions en cours ; il se félicite des bons rapports entretenus avec les résidents de la vallée et de l'esprit de coopération qui préside aux échanges avec eux et leurs représentants. Il signale également la très bonne entente qui règne entre les maires de la vallée dont trois sur quatre sont de nouveaux élus.

1 –QUESTIONS GENERALES La communauté de communes (Comcom) progresse et l'accélération de son développement est réclamé; ainsi les réseaux d'assainissement et la voirie vont devenir de la compétence de la Comcom. Cette mutualisation est particulièrement bienvenue au moment où les décisions prises au niveau national viennent réduire drastiquement les moyens des collectivités locales. Dans les zones de montagne, la réduction des dotations de l'Etat va représenter 50% sur les trois prochaines années, de façon brutale et sans conditionnalité. Pour la commune de Chamonix, la dotation d'Etat atteint 20% du budget communal ; sa division par deux amputera les ressources de la commune de 10% ! Nous nous préparons donc à mutualiser les services informatiques, financiers et de RH, pour les communes proprement dites mais aussi pour les « satellites », Office de Tourisme, Club des Sports, etc. Ces réductions de dotations vont également impacter les capacités d'autofinancement des communes et donc leurs perspectives d'investissement. Des choix devront donc être faits. Le troisième volet d'adaptation concerne la fiscalité locale, sur laquelle la commune s'est engagée à ne pas forcer.

Pour les investissements, les choix effectués viseront à préserver les services publics, la qualité de vie et de l'environnement, la poursuite du tram-train (mise en place de la signalisation adaptée au futur cadencement), et les équipements sociaux (EHPAD et crèche à Jean Franco, logements permanents). Il reste à poursuivre les efforts en matière d'équipements culturels (salles de réunions et de spectacles), d'équipements sportifs, de rénovation énergétique des bâtiments.

En matière de transports, nous allons lancer en 2015 un nouvel appel d'offres pour l'exploitation du réseau de bus qui doit progresser en qualité et en dimension.

Sur l'environnement quotidien, nous nous efforçons de prendre en compte vos besoins et remarques. Pour l'urbanisme, la loi ALLUR vous préoccupe, et nous aussi ; notamment la suppression du COS nous amène à prévoir une révision rapide des PLU pour « calmer le jeu » sur les projets immobiliers en trouvant d'autres critères limitatifs (emprise au sol, par exemple) et en recourant aux sursis à statuer.

2 – AU SUJET DU DOMAINE SKIABLE de Chamonix (Brévent, Flégère, Savoy, Le Tour et Grands Montets), nous avons passé avec la Compagnie du Mont-Blanc, par anticipation et pour 40 ans, une nouvelle convention définissant les investissements et la stratégie économique de développement du domaine dont les équipements vieillissants n'étaient plus au niveau des normes internationales attendues par les skieurs. Cet engagement se caractérise par un très gros investissement en remontées mécaniques de 477 millions d'euros minimum, concentré sur les premières années du contrat avec 90 M€ sur les 6 premières années. Le but n'est pas de créer de nouvelles remontées et d'en modifier la configuration générale mais de requalifier et améliorer l'ergonomie des sites. La qualité de service, l'intégration dans l'environnement sont aussi des éléments très surveillés ; enfin, un système de révision tarifaire est prévu qui intègre le niveau réel d'investissement réalisé. MM. Burnet et Vésinet de la Compagnie du Mont-Blanc ont ensuite présenté les principaux investissements prévus et plus en détail le réaménagement des Grands Montets (dont le télécabine à Plan Joran dès cet hiver). A une question sur la tarification, les intervenants ont mis en avant que le tarif prévoyait des conditions pour les familles ; pour sa part, E. Fournier rappelle que les tarifs sont indexés à la fois sur la variation des coûts de fonctionnement mais aussi sur l'avancement du programme d'investissements. Le souci de la municipalité est de fidéliser la clientèle de la vallée et surveille les tarifs par rapport aux autres stations comparables. Un participant, très appuyé par la majorité de l'assistance, insiste toutefois sur le coût trop élevé des remontées, notamment en été et pour des familles, et compare avec la politique tarifaire du Tunnel qui permet, avec des abonnements sur deux ans, d'arriver à des coûts beaucoup plus raisonnables.

A une question sur le contrôle des pistes de VTT, E. Fournier répond que le sujet devrait relever de l'intercommunalité ; la majorité des chemins et sentiers doit être prioritairement adaptée aux randonneurs et le VTT sportif de descente rapide ne doit être autorisé que sur un nombre limité de pistes exclusives. Les élus réfléchissent à la mise en place en Comcom d'une réglementation simple et adaptée, secteur par secteur.

3 – AU SUJET DU PPRA – Plan de Prévention des Risques d'Avalanches E. Fournier rappelle les éléments factuels suivants : le précédent PPRA a été approuvé par le Préfet de Haute-Savoie en mars 2010 et celui-ci a annoncé le 29 avril dernier sa mise en révision suite à une expertise complémentaire de quatre experts internationaux qui a été présentée en conseil municipal. La mise en enquête publique commencera début 2015 pour aboutir à une approbation au printemps 2015.

La commune de Chamonix s'est toujours impliquée à fond sur ce sujet (mise en place d'un automate d'alerte, applications anticipées de toutes mesures de protection portées à sa connaissance) ; elle prend acte des conclusions du rapport des experts qui accroit de manière significative la cartographie du risque avalanches (environ 54% du bâti est maintenant concerné par le zonage « avalanches »). Avec le PPR Inondations, on arrivera à environ 80% de la commune menacés...

La commune a soulevé auprès du préfet les problèmes de l'applicabilité de ce PPRA, et c'est à l'Etat qu'il appartient d'y répondre. Les difficultés sont de trois ordres :

- l'extension de la cartographie rendra encore plus complexe la gestion du risque que ce soit en matière d'information ou d'évacuation pour les populations concernées
- en matière d'urbanisme, le PPRA impose des normes très contraignantes sur la bâti existant, même pluricentenaire ; « sans remettre en cause l'utilité d'édicter des mesures de consolidation du bâti exposé, la commune tient à soulever la question du caractère quelquefois inapplicable de certaines dispositions contenues dans le PPRA et des difficultés pour les habitants à les assumer »
- enfin, même l'implantation des services publics et, notamment, des lieux de confinement en cas de risques, devient un casse-tête presque insoluble sauf à supprimer certains services de la commune ...

La commune souhaite évidemment être associée à l'élaboration du PPRA dans le respect prioritaire des considérations de sécurisation des personnes et des biens mais également sans porter atteinte à l'habitabilité du territoire par des contraintes parfois disproportionnées voire prohibitives.

QUESTIONS/REPONSES

En réponse à des questions des participants, E. Fournier rappelle que l'obligation de réaliser des travaux de consolidation prévus par le précédent PPRA de mars 2010 est toujours valable et que la date butoir est donc toujours mars 2015, sauf pour les bâtiments nouvellement concernés du fait de la nouvelle cartographie pour lesquels la date butoir sera probablement définie dans le nouveau PPRA. Par ailleurs, la nature des travaux prescrits, leurs coûts (même limités à 10% de la valeur vénale), leur faisabilité par rapport à l'ensemble d'une construction sont des questions sur lesquelles les services de l'Etat doivent répondre et la commune ne peut pas s'y substituer. Pour autant le maire entend être le porte-parole des habitants concernés et promouvoir un nécessaire équilibre entre la protection des personnes et des biens d'une part et la diversité sociale des habitants d'autre part.

Devant les questions de plusieurs participants restées sans réponse sur le sujet des travaux de consolidation, François LEBLOND, vice-président de l'ARVAC et président de la FESM 74, annonce qu'il va prendre l'initiative d'une concertation sur ces sujets avec la préfecture, à partir des dossiers concrets qui lui seront présentés.

Un participant, ayant bien noté que la commune refusait de se lancer dans une contestation de la nouvelle cartographie, demande si elle ne pourrait pas construire des systèmes de protection, pas obligatoirement très onéreux comme on peut le voir en Suisse. E. Fournier répond qu'il n'en a pas le droit, c'est à l'Etat de lui prescrire les protections à installer ; ainsi les solutions retenues de l'autre côté de la frontière ne sont souvent plus acceptées en France ...

Les échanges se sont poursuivis ensuite autour du verre de l'amitié