RAPPORT MORAL du Président François LEBLOND
Trois objets de notre institution : défendre nos adhérents qui ont des intérêts propres dans la vallée, nous associer à tous les efforts faits pour maintenir les valeurs de ce site exceptionnel, enfin et ce n'est pas le moins important, contribuer à développer un climat d'amitié entre nos membres.

1/ La défense de nos adhérents

C'est d'abord de veiller à ce qu'ils ne soient assujettis qu'à une fiscalité raisonnable.
C'est ensuite que nos adhérents disposent des services publics essentiels : nous reconnaissons des progrès en matière sanitaire mais redisons notre souhait d'une amélioration du système des urgences.
Le dossier du tram-train a pris du retard pour des raisons techniques, nous souhaitons le voir aboutir.
Nous notons l'arrivée de nouveaux cars moins polluants avec un nouveau concessionnaire.
La suppression du train de nuit depuis Paris est ressentie négativement. Nous nous associons à toutes les démarches faites en ce sens, même si nous restons pessimistes sur leur aboutissement.
Nous nous préoccupons aussi de l'avenir du cinéma, de l'état de la voirie dont la compétence est restée communale, de l'assainissement des communes de Servoz et de Vallorcine qui, elle, est de la compétence de la ComCom.

2/ Notre participation aux efforts faits pour conserver à la vallée ses qualités exceptionnelles

D'abord le domaine de l'urbanisme. M. Fournier, l'an dernier, nous a demandé notre appui pour combattre certains effets négatifs dans la vallée, de la loi dite loi ALUR présentée par Madame Duflot lorsqu'elle était Ministre. Ce texte avait une vocation sociale: permettre de lutter contre la crise du logement essentiellement en région Ile-de-France. A cet effet il supprimait le coefficient d'occupation du sol et la surface minimum de terrain pour construire.

Dans notre vallée, ce texte a eu un effet immédiat : le doublement du nombre de demandes de permis de construire de la part, souvent, de personnes extérieures à la vallée, pour la construction d'énormes chalets là où le PLU interdisait toute construction. Ce texte à vocation sociale était ainsi détourné totalement de son objet.

Votre conseil a pris le dossier en main avec le concours de la Fédération de Stations de Montagne de Haute-Savoie que nous avons constituée il y a deux ans et que je préside. Des réunions ont eu lieu à Cluses avec le sénateur-maire de Marnaz, Loïc Hervé, à Lyon avec le CEREMA organisme public chargé de préparer la réforme de la loi Montagne, à Paris avec des parlementaires qui sont désormais saisis du dossier. Nous avons profité de ce que le Premier Ministre en septembre dernier, venant à Chamonix, annonçait une réforme de la loi Montagne pour la fin de cette année. Le CEREMA s'est rendu à notre demande le 10 juillet dernier à la mairie de Chamonix.

Le dossier n'est pas clos mais nous avons l'espoir que nos observations soient prises en considération ; nous faisons des propositions précises à ce sujet

Une question fondamentale pour nous, la pollution de la vallée. Pour les résidents permanents, il existe
des aides fiscales au changement de matériel. Pour nous, ces aides ne s'appliquent pas. Ce n'est pas parce que nous ne recevons pas d'aide que nous devons ne rien faire. Nous voulons contribuer nous aussi à la lutte contre la pollution, il existe des documents à cet égard que nous pouvons utiliser chaque fois que nous procédons à un changement de matériel, vous trouverez tous les éléments à partir de notre site Internet.

3/ Troisième objet: le resserrement des relations entre nous

D'abord notre site Internet : il vient d'être reconfiguré et contient l'essentiel de ce que l'on doit savoir sur notre activité.
Notre dîner et notre sortie. Nous attachons la plus grande importance à ces événements. Ils permettent de développer des relations personnelles entre personnes dont certaines sont seules, ils sont aussi à la base de recrutements nouveaux, le bouche-à-oreille tenant une place essentielle dans des institutions comme la nôtre.
Une proposition nous est faite pour l'hiver prochain : une journée trophée de ski de l'ARVAC sur un slalom pas trop difficile, au Brévent par exemple, en distinguant les âges des concurrents. Nous étudions la faisabilité de ce projet qui devrait se faire avec divers partenariats. Cela permettrait de mieux associer à notre action, enfants et petits-enfants.

Notre souci : développer le nombre de nos adhérents, notamment parmi les jeunes générations. C'est à vous d'agir en ce sens, le Conseil vous en remercie.

RAPPORT FINANCIER du Trésorier Roland de LUZE
Trésorerie disponible
- Au 1/1/2015 18.325,37 € à savoir : Compte-courant 2.217,85
Livret A 15.800,89
Compte épargne 306,63
- Au 31/12/2015 18.131,96 € à savoir : Compte-courant 1.765,78
Livret A 15.962,62
Compte épargne 308,61
Espèces (FS) 94,95

CHARGES PRODUITS
Fournitures de bureau 366,97 Cotisations 5.045
Fonctionnement site internet 178,16 Différence sur repas
Assurance 198,68 (CERN et dîner AG) 158
Envois PTT 1.775,25
Frais d'assemblée générale 1.440
Dons et subventions 2.530 Déficit 1.286,06
TOTAL 6.489,06 6.489,06

Les rapports moral et financier, soumis aux votes, sont approuvés à l'unanimité.

QUESTIONS DIVERSES avec l'assemblée :
. Il est demandé une amélioration des tarifs des remontées mécaniques qui ne sont pas du tout adaptés à des utilisations peu fréquentes ou pendant une courte période seulement. La proposition faite est de s'inspirer des cartes de passage de l'ATMB pour le tunnel qui permettent d'arriver à un coût très raisonnable par passage.

. Pour favoriser la mixité des générations dans une association comme celle-ci, il serait utile que celle-ci modifie ses statuts et ses objectifs pour que les plus jeunes se sentent plus concernés et attendus, quitte à mettre des quotas par catégorie.

. Il est demandé que l'association intervienne auprès des autorités concernées pour qu'il y ait une harmonisation des horaires entre bus et trains, certains horaires empêchant les correspondances à quelques minutes près ...

. Précisions de Ch. Couttet sur la station de lavage des Praz : à défaut de pouvoir empêcher l'implantation de cette station, nous avons obtenu que son aspect extérieur respecte mieux l'environnement montagnard de cette zone d'habitat.

. Animation pour les plus jeunes : un slalom au Brévent pourrait être organisé en février ainsi qu'un biathlon ou triathlon cet été. Ces propositions recueillent un avis favorable des membres présents. Le président fait appel à des bonnes volontés pour aider à l'organisation ...


INTERVENTION SUR LA PROTECTION DU PATRIMOINE DANS LA VALLEE (J.C. PONTUER)
La sauvegarde du patrimoine est un sujet important actuellement en France ; il en est de même dans notre vallée. Cette protection ne peut plus être assumée intégralement sur des fonds publics et, heureusement, les initiatives privées viennent relayer les pouvoirs publics dans cette action. Des initiatives communes peuvent ainsi se mettre en place, notamment dans le cadre de la Fondation du Patrimoine. Cette année, plusieurs projets voient le jour dans la vallée de Chamonix et l'ARVAC souhaite les appuyer en les portant à votre connaissance, en exprimant le soutien de notre association à ces actions qui rejoignent un de nos objectifs permanents et en vous encourageant à y participer vous-mêmes si ces projets rencontrent votre intérêt.
- Une association s'est créée aux Tines pour la rénovation de la Chapelle Saint-Théodule
- L'Association du Glacier des Bois se propose de favoriser des études scientifiques et historiques sur le site de ce glacier et éclairer, le cas échéant, les autorités face à tout projet d'aménagement touristique, industriel, forestier ou agricole de cette zone
- L'église de Vallorcine doit être restaurée et la Fondation du Patrimoine va appuyer ce projet
- L'église de Servoz est également en cours de restauration ; c'est un chantier important et qui a commencé déjà depuis plusieurs années. Là encore, la Fondation du Patrimoine a marqué son intérêt et la prochaine phase du projet (réfection de la toiture) va pouvoir être entrepris grâce à une collecte spécifique sous l'égide de cette Fondation, ce qui permettra aux donateurs de profiter des avantages fiscaux attachés à ce patronage.
- A Argentière, un orgue baroque ancien a été choisi (à Heidelberg en Allemagne) et va pouvoir être installé, après restauration chez un facteur à Tours, dans l'église qui n'en possédait pas. Une association spécifique s'est créée et nous vous avons fait transmettre en juin dernier une première information sur ce projet soutenu par la Fondation du Patrimoine, laquelle était ce matin même à Argentière pour lancer officiellement la campagne de collecte de fonds qui viendra compléter les apports effectués par la municipalité. Iain CLEVER, président de l'association qui porte le projet, fait le point en quelques mots sur l'avancement du projet et remercie l'ARVAC de son soutien moral.

COMMUNICATION SUR L'ASSOCIATION DE LA RESERVE NATURELLE DES AIGUILLES ROUGES (N. GORODICHE)
Pour cette réserve, le chalet qui est au Col des Montets est propriété de la commune et les salariés sont payés par la ComCom ; les aménagements éventuels également.


L'idée est de créer un sentier qui relie directement ce chalet avec l'entrée du vallon de Bérard, au niveau de la buvette. Actuellement pour faire ce trajet à pied, il faut emprunter le « chemin des diligences » et traverser deux fois la route, très passante et donc difficile et dangereuse à traverser. Le sentier envisagé serait particulièrement bienvenu, même si son tracé est rendu un peu compliqué par des contraintes écologiques (ne pas déranger la faune dans cette partie de la réserve), entraînant un budget non négligeable. L'ARVAC tenait à exprimer son avis très favorable à la réalisation de ce sentier. M. Gubler intervient pour signaler que le tracé retenu a reçu l'aval du Comité Scientifique de la Réserve mais que celui-ci, qui avait également proposé une refonte de l'environnement botanique pour le mettre mieux au goût du jour, regrette que ceci n'ait pas été entrepris pour des raisons budgétaires.


Plus aucun sujet n'étant à l'ordre du jour, l'assemblée statutaire est levée à 16h 45 et se poursuit par les interventions des personnalités extérieures.


INTERVENTION de Jean-Claude CHARLET, Président de la COMPAGNIE DES GUIDES
Nous allons bientôt fêter le deux centième anniversaire de notre compagnie, créée en 1821 et ceci n'est pas le fruit du hasard. C'est le fait d'une réussite due à certaines exigences, celles des valeurs de la République :


- la liberté de travailler ou de ne pas travailler, la liberté d'accès au travail ; et c'est une chose difficile à gérer pour notre compagnie qui, comptant 260 membres dont 210 actifs, est la plus ancienne et la plus importante au monde et doit prendre en compte l'âge de ses guides ;
- l'égalité devant la distribution du travail, malgré la différence indéniable entre les plus prestigieux et les plus simples ; les énergies de chacun sont nécessaires pour que la Compagnie fonctionne et si les « grands » guides avec leurs exploits participent à notre rayonnement, les guides de base sont également précieux. Nous avons maintenant une cinquantaine d'accompagnateurs de moyenne montagne qui drainent progressivement toute une population vers la haute montagne et cela est très important notamment pour notre équilibre financier, dépendant des courses les plus demandées : Mont-Blanc, Vallée Blanche et randonnées diverses ;
- la solidarité, exprimée à travers la Caisse de Secours et illustrée par la Fête du 15 août ; dès le XIX ème siècle, et avant que nous ne devenions français, nous avons conçu l'ancêtre de la Sécurité Sociale.

Au delà de cela, la Compagnie doit s'adapter à l'évolution de la société ; la Compagnie traditionnelle est le reflet de l'histoire de l'alpinisme, elle est portée par ses écrivains, Frison, Rebuffat, etc ., qui ont contribué à amener des gens vers nous mais il y a aussi toutes les activités parallèles destinées aux enfants et aux adolescents et notre souci est, pour le long terme, de drainer une population, dans le respect de nos valeurs traditionnelles, qui soit tentée par l'expérience de la haute montagne. Il faut donc être plus ludique, et c'est le sens de l'expérience « Cham au sommet ». On envisage aussi de faire inscrire l'alpinisme au Patrimoine immatériel de l'Humanité, pour sa dimension philosophique et pas simplement son aspect sportif.


Le président Leblond remercie Monsieur Charlet pour son intervention et, tout en appelant à un accroissement des échanges entre les deux associations pour faire participer plus activement les générations suivantes, le libère pour le laisser se consacrer aux ultimes préparatifs de la fête des guides.

INTERVENTION de M. Eric FOURNIER, Maire de Chamonix et Président de la Communauté de Communes.
Le président Leblond accueille Eric Fournier et lui rappelle que, au titre de la défense d'un certain nombre d'habitants de la vallée, nous nous intéressons prioritairement aux problèmes de fiscalité, d'entretien de la voirie, des urgences médicales et de l'accès aux soins, des déplacements à l'intérieur de la vallée, de l'accès à la vallée via la SNCF ; mais nous souhaitons aussi participer et aider les collectivités locales et, dans cet esprit, nous agissons contre certaines dispositions de la loi ALUR et essayons d'être exemplaires dans la lutte contre la pollution notamment du fait des chauffages. Enfin, la préservation de l'environnement tant naturel qu'urbain nous tient à cœur et nous serons heureux de connaître ce qui est prévu notamment au Montenvers, au col des Montets, place du Mont-Blanc ou à l'hôtel Couttet.
Après des remerciements aux membres du bureau qui assurent un suivi tout au long de l'année sur les sujets de préoccupation communs, Eric FOURNIER aborde les points ci-après :


Stratégie territoriale. C'est un domaine où heureusement l'intercommunalité s'applique bien ; en 4 ans, nous avons très bien avancé et notre coefficient d'intégration fiscale (qui mesure le mieux notre degré d'avancement dans ce domaine) nous place au 2è ou 3è rang en Haute-Savoie : assainissement, service de l'eau, tourisme, culture, sport, transport, social en partie ont été mis en commun ; les achats publics, le juridique, le financier relèvent désormais chacun d'un seul service intercommunal. Pour la suite, nous discuterons pour savoir si nous poursuivons vers une intercommunalité totale ou si nous la dépassons pour une fusion de communes ... Au delà, notre politique territoriale trouvera sa cohérence grâce à un SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) à faire avec les ComCom voisines. Jusqu'où ? La question est en débat. Qu'est-ce que les différentes vallées ont envie de partager et d'organiser ensemble ? Déplacements, sanitaire et hospitalier, grands équipements, transports ... Mais aussi, en échange d'avancées dans ce domaine, une aide de l'Etat pour arriver à une politique territoriale transfrontalière en altitude et le développement d'un outil adapté à partir de l'Espace Mont-Blanc par exemple pour mettre en cohérence les politiques environnementales et territoriales.


Stratégie financière. Les collectivités territoriales sont appelées à fournir des efforts pour aider aux équilibres financiers nationaux, et c'est bien normal. On pourrait attendre que ces efforts soient proportionnels à l'origine des déficits provoqués par les collectivités territoriales ... ce n'est pas vraiment le cas et nous avons le sentiment que c'est à nous d'éponger les déficits de l'Etat. Pour la vallée de Chamonix, il y a non seulement des baisses de dotations mais aussi l'obligation de financer le fonds de péréquation selon un mode de calcul « pervers » qui fait qu'un résident chamoniard paye 7 fois plus qu'un résident annécien. Les mouvements de fonds entre l'Etat et la ville vont ainsi arriver en 2018 à un solde où nous serons créditeurs vis-à-vis de l'Etat ! En conséquence, 20 M€ d'investissements ne pourront pas être réalisés ! Il nous faut chercher d'autres ressources, auprès du département et de la région et dans des partenariats public/privé ; mais je souhaite ne pas faire peser sur le contribuable les choix faits par l'Etat car il y a une limite au levier fiscal, et pour l'instant j'ai pu encore le faire mais pour combien de temps ? Nous agissons en optimisant sur le long terme nos ressources patrimoniales, immobilières et foncières dans une optique de recherche de recettes de fonctionnement (mise en location du Casino Municipal, du Centre de Bien-Être, schéma envisagé pour le Couttet) qui permettent une relative stabilité des impôts fonciers et des taxes d'habitation. Mais je reste attaché à la poursuite d'investissements suffisants pour l'adaptation de nos équipements, notamment face au changement climatique.

Equipements de santé. Pour les urgences, la situation actuelle n'est pas satisfaisante et nous devons continuer à travailler pour améliorer les choses. Pour les maisons de santé, une ouverture de MSP (Maison de Santé Pluri professionnelle) est prévue aux Houches et un cabinet médical va s'installer à Argentière dès septembre.


Transports. Le tram-train Mont-Blanc-Express souffre de l'absence de gestion de projets à la SNCF. Nous sommes légèrement avantagés par le fait que le gabarit particulier de notre ligne la sort des réseaux classiques et nous avons pu ainsi bénéficier d'une enveloppe de 100M€ dont 5M€ seulement à charge du contribuable local. Ceci étant, nous n'osons plus donner de dates ; on nous annonce une première augmentation de cadence pour la fin de l'année ou au plus tard l'été prochain. Le réseau de bus Transdev se rénove, se densifie et se modernise (bus électriques, bus hybrides). La rénovation de la voirie était effectivement en retard, on y remédie progressivement. Les équipements pour une mobilité électrique se mettent en place (avec un choix concerté entre la ComCom et les communes voisines du Val d'Aoste et du Valais pour permettre l'interopérabilité) de même que le parc de véhicules municipaux désormais tous électriques.

Lutte contre la pollution de l'air. Cela passe par l'amélioration de la mobilité, l'amélioration des chauffages résidentiels, le fonds Air-Bois, la rénovation énergétique. Sur ce point, vous êtes éligibles au CITE (Crédit d'Impôt Transition Energétique). Nous allons par ailleurs tirer un enseignement du premier Plan de Protection de l'Atmosphère avant de lancer le plan 2; nous allons lancer en décembre une étude d'impact avec l'ARS et l'INVS pour mesurer l'effet des micropoussières sur la santé, commune par commune. Vis-à-vis de la mobilité, nous sommes tributaires de la circulation de transit pour laquelle nous n'avons pas encore pu obtenir de limitations, notamment en cas de franchissement du seuil d'alerte pollution. L'Etat est lacunaire dans cette action à mener à son niveau, alors que nous faisons à notre niveau tout ce qui est possible.


Site du Montenvers. Pour l'hôtel lui-même, la réhabilitation est lancée, tout en respectant son aspect extérieur. Nous allons maintenant chercher un opérateur pour proposer, via une DSP (Délégation de Service Public), un rééquipement de l'accès au glacier, et nous envisageons enfin un site sur le thème « réchauffement climatique et glaciers » en dessous de la terrasse panoramique. Mais il y a encore du travail à accomplir pour que les propositions soient réellement satisfaisantes.
Aménagement des sites naturels. Notre vallée est riche en sites exceptionnels avec de multiples intervenants pour les financer et les gérer. Mais ceux-ci ne communiquent pas assez entre eux. J'ai proposé au préfet d'organiser des « Etats Généraux des sites naturels » pour mieux mettre en commun nos besoins, nos idées et décloisonner nos moyens d'intervention même si ceux-ci sont devenus beaucoup plus restreints et faire de la vallée de Chamonix un laboratoire un peu exceptionnel de ce qui se fait en matière d'espaces naturels.

Urbanisme. Tout d'abord, il convient de remercier le président de l'ARVAC pour son action auprès des pouvoirs publics en faveur d'un aménagement des nouvelles dispositions d'urbanisme qui font souffrir notre vallée. Le maire lui peut agir par le biais du PLU et d'ailleurs nous allons passer en 2017 à un PLU intercommunal. Mais cet outil doit être adapté à la situation et nous donner à nous élus les moyens de gérer efficacement notre droit des sols. La loi ALUR a conduit à un doublement des demandes de permis de construire ; et ceci a entraîné un quadruplement des contentieux devant les refus que nous avons opposés, notamment au titre du Grenelle de l'Environnement. Mais notre marge de manœuvre est précaire et nous voudrions pouvoir disposer des moyens d'appliquer une gestion des équilibres dans cette vallée. Et pour moi, cette gestion n'est pas très compliquée, elle tient en trois points : on a suffisamment construit de résidences dans la vallée, - on a à maintenir la capacité d'hébergement touristique, - on a à maintenir voire à reconquérir légèrement de la population permanente. Cela signifie qu'on a pratiquement plus besoin de construire, ou alors marginalement. Si, au titre du nouveau PLU, je réduis drastiquement les surfaces de zones constructibles, il faut que je puisse le faire sans pour autant conduire à une hyper-inflation de constructions sur les zones constructibles. Et, pour cela, que la loi permette de lutter contre ces projets excessifs, par exemple dans le cadre de la nouvelle « Loi Montagne » qui devrait être proposée très prochainement.


Réponses aux questions des participants :
Avenir de la salle de cinéma. Le bail actuel est à échéance très prochaine. Pour la suite, il apparaît que l'outil est un peu juste pour permettre un équilibre économique satisfaisant ; il faut augmenter le nombre de spectateurs, donc de salles (3 ou 4) et envisager une autre implantation. Coût : environ 5/6 M€ hors foncier. C'est hors de proportion avec les moyens de la ComCom qui, en revanche, peut envisager de mettre un site à disposition : une des voûtes de Chamonix-Nord (Taillibert 1974), actuellement désaffectée (ancienne cité scolaire) ; un appel à manifestation d'intérêt a été lancé, il a reçu des réponses, à étudier et à juger. Une décision pourrait être prise en fin d'année.


Mise à disposition de véhicules électriques en location. En réponse à un appel à projet, nous avons trouvé un opérateur pour mettre en place cette possibilité ; la finalisation est en cours.


Comités de village. Cette pratique se poursuit cette année, les dates figurent sur le site de la ville.


Protection du patrimoine architectural et naturel. Pour le patrimoine naturel, nous y sommes tout à fait sensibles et nous reconnaissons que beaucoup d'entités de la vallée (CREA, Laboratoires scientifiques d'universités, scientifiques des réserves naturelles, ...) s'en préoccupent ; mais il faut mettre tout cela et tous ces gens en cohérence. Nous devons nous y employer et être plus attentifs quand des « petits travaux » sont réalisés afin que leur impact sur les espaces naturels et la biodiversité soit mesuré et corrigé le cas échéant. Pour le patrimoine bâti, l'étude de F. Chatillon de 2007-08 et celles du CAUE restent d'excellents points de départ. La mise à jour du PLU sera l'occasion d'apporter des réponses ; il faudra trouver un équilibre et prendre éventuellement des mesures coercitives. La concertation autour du PLU servira à concilier le respect du patrimoine, la nécessaire transition énergétique, et le respect de la réglementation sur les risques naturels. De beaux débats en perspective...


Desserte de l'hôpital par transports en commun. Les nouveaux choix sur le transport dans la vallée ont privilégié l'axe transversal pour satisfaire un plus grand nombre de gens et, dans ce nouveau schéma, le Mulet ne dessert plus l'hôpital. Après cette expérimentation, le schéma va être en partie revu pour l'améliorer. Le Mulet aura un circuit modifié, même s'il ne revient pas jusqu'à l'hôpital qui, lui, reste desservi par les bus urbains. En fait, le Mulet est en quelque sorte victime de son succès ...


Parc et hôtel du Couttet. Nous avons bien avancé pour la rénovation paysagère, nous sommes bien décidés à la poursuivre et à maintenir l'ouverture du parc au public, même quand la rénovation de l'hôtel aura été confiée au privé, rénovation pour laquelle un appel à manifestation d'intérêt a été lancée.


Maintien ou non des servitudes de passage. Les servitudes reconnues sont effectivement discutables. Certes, nous privilégions la mobilité douce et donc le passage des vélos ; mais nous sommes ouverts à une éventuelle limitation aux seuls piétons. Nous poursuivons le développement de pistes cyclables en distinguant bien vélos et VTT. Pour ceux-ci, c'est toujours un problème de les séparer des piétons ; la situation actuelle n'est toujours pas satisfaisante. Nous devons tirer le bilan et revoir comment améliorer.


Comment lutter contre la loi ALUR. Il ne s'agit pas du tout de lutter contre la loi ALUR mais de trouver comment revenir à son objectif initial, à savoir permettre l'augmentation de la constructibilité en zones urbaines dans le but de favoriser le logement social. Les dispositions prises ont, dans des endroits comme Chamonix, un effet pervers qui aboutit à l'effet inverse de celui recherché ; on constate en effet que l'augmentation des demandes de permis de construire provient de propriétaires ou de promoteurs qui s'adressent aux plus fortunés. Des mesures techniques peuvent « limiter les dégâts » mais ce ne sera probablement pas suffisant ; il faudra peut-être en venir à des dispositions locales plus exceptionnelles qui pourraient s'inspirer de celles appliquées en Suisse.


Après avoir remercié Eric FOURNIER pour avoir ainsi répondu aux interrogations des membres de l'ARVAC, le président Leblond lui redit combien il peut compter sur notre appui dans nos combats communs et invite tous les participants au verre de l'amitié.